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Par : lajoux
Publié : 30 mai 2012
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La Princesse Turandot au Théâtre des Bains-Douches

Récit en images

Le prologue

I
Dans une Chine fantaisiste, l’orgueilleuse Princesse Turandot qui refuse de se plier aux lois du mariage, a obtenu de son père l’Empereur Altoum, le décret suivant : tout prétendant à sa main devra résoudre les trois énigmes que la Princesse lui proposera. Une seule erreur, et c’est la mort ! La beauté parfaite de Turandot fait affluer les prétendants et les têtes coupées garnissent les murailles de Pékin.

C’est dans ce climat qu’un voyageur, le Prince Kalaf, fils d’un roi détrôné, arrive à Pékin. Il y rencontre son ancien précepteur, Barak, qu’il perdu de vue depuis la défaite de son peuple. Installé à Pékin, Barak est maintenant aubergiste, marié à Skirina, mère de Zélime (servante de Turandot). Kalaf, de son côté, a connu avec ses parents toutes sortes d’épreuves. Il a même servi comme jardinier à la cour du Khorassan, ce qui lui valut d’être remarqué par la belle Princesse Adelma, devenu esclave de Turandot après la destruction de son pays par les Chinois.

Le Prince Kalaf voit un portrait de la Princesse Turandot et il en tombe éperdument amoureux. Il décide alors de tenter sa chance au jeu des énigmes au risque de perdre la vie.

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Barak et Kalaf

II
Dans la Cité Interdite, l’Empereur se désole de l’intransigeance de sa fille. Un nouveau prétendant vient justement se présenter : c’est le Prince Kalaf qui, même devant l’Empereur, refuse de se nommer. Cependant Altoum le reçoit avec beaucoup de sympathie et essaye de le détourner de son projet. Kalaf lui répond : « Turandot ou la mort ! »Entre alors Turandot, suivie de ses serviteurs et de sa captive, Adelma, méconnaissable sous ses habits d’esclave. La Princesse énonce les trois énigmes que Kalaf résout en se jouant. Il a gagné ! Tous se réjouissent sauf Turandot qui doit l’épouser. Elle se désole de la perte de sa liberté. Kalaf, ému de cette détresse, propose de remettre sa victoire en jeu. Turandot sera dispensée de l’épouser si elle parvient à deviner son nom d’ici le lendemain et elle pourra disposer de la vie du Prince. Kalaf sera gardé au secret dans le palais pendant toute la nuit.

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Brighella, Pantalone, Tartaglia et l’Empereur Altoum

La première énigme de Turandot

Adelma, Kalaf, Pantalone, Turandot, Zélime, Tartaglia, Altoum et Truffaldino

III
Restée seule, Adelma qui a reconnu l’ancien jardinier dont elle était éprise, réfléchit au moyen de s’enfuir avec lui.

Turandot, partagée entre le trouble que lui inspire Kalaf et la peur d’être humiliée une nouvelle fois, consulte ses suivantes. Zélime révèle que son Beau- Père (Barak) connaît le Prince mais le roi Timour ne parvient pas à dissimuler qu’il est le père du jeune inconnu. Impressionnée par le courage de ses victimes, Turandot met fin à l’interrogatoire et les fait conduire en prison.

Le cauchemar de Turandot

Barak et Skirina

IV
Dans sa chambre secrète, Kalaf est gardé par Brighella qu’il n’a pas su résister à la bourse pleine d’or offerte par Adelma. Il laisse donc entrer successivement trois femmes (Skirina, Zélime et Adelma) malgré l’interdiction de l’Empereur. Elles tentent par différents procédés de lui faire dire son nom. Skirina et Zélime échouent. Adelma vient la dernière et pousse Kalaf au désespoir en lui annonçant que Turandot a résolu de le faire assassiner. Dans son affolement, il révèle son nom et celui de son père mais refuse de prendre la fuite avec Adelma. Elle se retire alors, bien décidée à se venger.

La chambre de Kalaf

V
Le lendemain matin, dans la salle du Grand Conseil, l’Empereur se réjouit déjà du succès de Kalaf. Turandot, en robe de mariée, avoue tristement son échec. Mais soudain, elle se redresse et éclate de rire : la terrible Princesse a réservé à Kalaf une dernière surprise...

Carlo Gozzi (1720-1806)

La vie de Carlo Gozzi est riche en péripéties de toutes sortes. Issu d’une famille de l’aristocratie vénitienne déchue, il se passionne dès sa jeunesse pour l’écriture poétique qu’il pratique sous forme de plaisantes satires et connaît ses premiers succès en jouant dans une troupe militaire la comédie à l’impromptu : la commedia dell’arte. Il y interprète avec brio le rôle d’une soubrette dalmate. Son goût pour le théâtre l’amène à écrire des pièces.
Défenseur retors de la tradition et du parler toscan, il s’oppose avec virulence à Carlo Goldoni, dramaturge qui modernise la commedia. Contre le réalisme satirique de ce dernier, Gozzi choisit le conte merveilleux qu’il porte à la scène et écrit pour le théâtre de Venise des fables théâtrales laissant une grande part à l’improvisation des comédiens. Pour défier Goldoni, il écrit L’ Amour des trois oranges qui tire son origine d’un conte de nourrice et qui parodie les œuvres de son adversaire. Ses pièces racontent les faits extraordinaires de héros fabuleux comme Le Roi- Cerf ou la quête de soi (L’Oiseau vert) . Dans une veine plus tragique, il s’inspire aussi du théâtre espagnol du Siècle d’or et écrit La Princesse Turandot qui asseoit sa renommée. D’autres succès suivront.
Devenu ensuite un aristocrate nostalgique, il demeure méfiant à l’égard des Lumières et qualifie de « mal français » la Révolution de 1789. A l’âge de 77 ans, il écrit ses Mémoires inutiles Chronique indiscrète de Venise au XVIIIe siècle pour se railler des attaques et de lui-même en narrant par le menu les événements de sa vie.
Certes moins populaire que Goldoni de nos jours, Gozzi a néanmoins inspiré des auteurs européens tels qu’Hoffmann ou Schiller qui revisitent Turandot. Puccini en fera son dernier opéra qui sera créé à la Scala de Milan en 1926.

Gozzi, Turandot et les masques

Alors que la commedia se démode avec l’apparition du texte écrit, Gozzi fait acte de résistance : son « théâtre fabulesque » mêle légèreté et fantaisie et tourne en dérision les empereurs et les princes.

Turandot a été inspirée par un « conte chinois » que l’orientaliste Pétis de La Croix, ambassadeur de Louis XIV au Moyen-Orient, rapporta de ses séjours vers 1710. Gozzi fut l’un de ses nombreux lecteurs et en fit une « fiaba cinese teatrale tragicomica » (fable théâtrale chinoise tragicomique).
Et si l’intrigue de La Princesse Turandot se déroule à Pékin, la cité vénitienne n’en est pas moins présente. Gozzi mêle à l’exotisme oriental les facéties des dottore et autres personnages de la commedia. Contrairement à Goldoni qui supprime les masques de ses intrigues, Gozzi leur donne une place influente : Pantalone et Tartaglia sont les conseillers de l’Empereur Altoum et Truffaldino, l’eunuque au service de Turandot. Quant à Brighella, il monte la garde au palais.

Voir en ligne : Site du Théâtre des Bains-Douches